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Maîtrise des risques et des déchets


Aire de remplissage et de lavage



Bien souvent une dalle de remplissage pulvérisateur sert aussi au lavage du matériel afin d’économiser des surfaces bétonnées.
Si cette solution était mise de côté il y a 10 ans, les nouveaux agencements de dalle et de nouveaux matériels le permettent.

Qui dit dalle de remplissage dit donc bien souvent dalle de remplissage et de lavage du pulvérisateur et du matériel conventionnel.
La réalisation d’une dalle béton, si elle n’est pas obligatoire reste la solution la plus efficace pour récupérer avant traitement, les eaux de débordement ainsi que les eaux de lavage.

Autour de la dalle :
le local phytosanitaire : à positionner au plus près de la dalle de remplissage afin de limiter le transport de produits concentrés. Dans le cas contraire, il n’est pas rare de voir les exploitants transporter leur besoin en produit de la journée le matin et de laisser « trainer » les produits toute la journée sans sécurisation. Dans ce cas de figure, prévoyez de les enfermer sur place, dans une armoire voire dans une zone sécurisée : la zone de préparation des bouillies.
La zone de préparation des bouillies :
Classiquement autour de la dalle de remplissage, stockez les différents éléments techniques qui ne doivent pas réglementairement être stockés dans le local phytosanitaire : le nettoyeur haute pression, l’armoire de stockage des équipements de protection intermédiaire et une cuve intermédiaire.
Il est possible d’aménager une structure plus ou moins légère pour ranger tous ces éléments. Pour l’optimiser, il est judicieux de la disposer en face de l’incorporateur quand le pulvérisateur est en place au poste de remplissage.
Dans cette zone disposez : la cuve intermédiaire, un volucompteur, une armoire à EPI, un point d’eau et pourquoi pas un évier qui recueille les eaux souillées de produits phytosanitaire.

Un système de tri des eaux :



Qu’il s’agisse d’un simple poste de remplissage ou d’une dalle mixte lavage – remplissage, les eaux de pluie de ces eaux doivent pouvoir être écartées des eaux souillées en produits phytosanitaire.

Un système de tri disposé au plus bas de la dalle doit être mis en place. Il est nécessaire de le positionner au plus près de la zone de manipulation de l’opérateur afin d’éviter les oublis et de limiter les déplacements.

Un système de traitement ou de stockage des effluents phytosanitaire :
Selon le choix qui est fait, traitement sur place ou stockage des effluents phytosanitaire, prévoyez une zone de stockage des effluents ou la mise en place du système de traitement.

Prévoyez un système au plus simple de transfert des effluents. La mise en place de pompe de transfert reste possible mais toujours sujette à panne.

N’oubliez pas qu’en cas de stockage à l’air libre, la cuve doit se situer à au moins 10 m des tiers – 5 m si elle est fermée.

Aménagez des accès à cette zone de stockage. En cas de Phytobac par exemple, il ne faut pas oublier qu’il doit être nettoyé souvent mécaniquement : attention donc aux accès.

Un bac débourbeur déshuileur :
L’objectif est d’épurer les eaux de lavage. Intégrez deux autres problématiques : le chargement sécurisé en azote liquide et en fuel. Si la mise en place d’un bac débourbeur déshuileur se fait au départ pour traiter les eaux de lavage du matériel, ses capacités peuvent être mises à profil pour retenir le fuel en cas d’accident (rupture du pistolet à gasoil par exemple) mais aussi l’azote liquide en cas de rupture des tuyaux au cours du chargement.

Au final, des surfaces restreintes de dalle permettent de réaliser tout un ensemble de chargement et de lavage en toute sécurité. N’oubliez pas que le stockage fuel implique le respect de certaines règles d’éloignement par rapport aux bâtiments.


Gestions des effluents d’élevage

Le principe général est de ne pas mélanger les circuits. Les eaux de pluie « propres » ne doivent pas être mélangées avec les autres effluents d’élevage ainsi que les effluents de lavage notamment ou les effluents phytosanitaire.

L’agencement de tous les ateliers, les dalles bétonnées et les pentes associées doivent être réfléchies dans ce sens.


Gestion des déchets

Au sein d’une exploitation agricole, les déchets et les rejets sont classés en trois catégories :
Les déchets organiques
Les déchets non organiques
Les eaux de pluie recueillies par les toitures et les surfaces étanches



Le producteur de déchets en est responsable jusqu'à leur complète destruction. Des filières d’élimination des déchets les plus emblématiques existent et sont à la disposition des agriculteurs.
Ainsi aujourd’hui les produits phytosanitaires non utilisés et leurs emballages vides ont une filière de destruction qui leur est dédiée, les bâches, les films plastiques sont collectés.

Les pneus, les batteries sont également traites par des filières spécifiques.
Rappelons simplement que l’abandon de déchets dans le milieu naturel est un délit grave qui peut être sanctionné.
Les déchets organiques

Les déchets organiques d’origine animale et issus des élevages sont gérés et recyclés dans le cadre des mises aux normes par épandages sur les surfaces de l’exploitation. Les autres déchets organiques sont très variés selon les équipements et des activités de l’exploitation. Ils concernent essentiellement :
Les déchets végétaux et la terre
Ce sont les déchets de nettoyage ou la perte par manipulation des matières premières : paille, fourrages, nettoyage des engins de récolte,… L’épandage au champ de ces déchets ne fait pas débat même si la terre est issue de la décantation de la terre de lavage du matériel.
Les déchets de nettoyage
Il s’agit des produits issus du nettoyage du matériel araire, de récolte ou encore du pulvérisateur.
La mise en place d’un dispositif de décantation des eaux de lavage est indispensable pour récupérer ces matières souvent mélanges a la terre. L’efficacité de ces équipements est souvent suffisante s’ils sont correctement dimensionnés.
Le rejet des eaux après le décanteur est possible dans le milieu naturel si tous les polluants potentiels sont retenus et traités.
Les eaux de lavage du pulvérisateur restent un point qui devra être géré à part des autres déchets.
Les eaux de lavage du pulvérisateur
Elles sont considérées comme des effluents spécifiques dits « phytosanitaire » qui doivent être soit épandus sur la parcelle qui vient d’être traitée si cela est techniquement possible, soit traités par des procédés chimiques, physiques ou biologiques agréés par le ministère de l’environnement. Le traitement de ces effluents particuliers peut selon les procédés de traitement, produire des déchets dangereux qui doivent suivre des voies de destruction spécifiques et coûteux. Seuls les procédés biologiques, comme le Phytobac, produisent des déchets considérés comme des effluents épandables au champ.
Les hydrocarbures
Les hydrocarbures sont m mélangés aux déchets de lavage du matériel (fioul et huiles). Ces produits non solubles dans l’eau sont assez faciles à isoler même dans les eaux de lavage. La mise en place d’un dispositif de déshuilage sur le décanteur à terre de l’aire de lavage ou l’installation d’un déshuileur spécifique permet de bloquer les hydrocarbures, de les stocker pour les faire traiter dans les filières de traitement appropriées (déchetterie, vidangeur spécialisé,…). Parmi les déchets proches des hydrocarbures bruts, se trouvent les équipements de filtration qui sont des consommables et peuvent être collectés dans les déchetteries.




Les déchets non organiques

Les déchets non organiques sont pour une grande part représentés par les matières plastiques, ce qui représente un gisement important tant en production animale qu’en production végétale.
Les bâches plastiques, les filets de balle de paille ou de fourrage, les bâches d’enrubannage, les emballages de lessive, les bidons de produits phytosanitaires vides (EVPP),… sont autant de déchets dits banaux qui trouvent dans des filières d’éliminations des destinations appropriées. Ces filières ont parfois des difficultés à devenir pérennes et restent organisées de manières ponctuelles. Les EVPP ont aujourd’hui une filière pérenne pour leur destruction (ADIVALOR).
Les produits phytosanitaires non utilisés (PPNU) qui sont représentés par des produits qui ne sont plus utilisables car plus autorisés ou altérés par le temps ou par le stockage. Ces PPNU bénéficient d’une filière d’élimination qui a été mise en place par ADIVALOR et les distributeurs locaux (coopérative, négoce).
Les produits vétérinaires représentent des déchets plus variés mais moins volumineux. Les seringues usagées les flocons vides,… représentent la majorité des déchets que les éleveurs ont à stocker et à faire détruire. Des points de collecte sont organisés par les vétérinaires de certaines filières.
Les pneus agricoles peuvent représenter des déchets majeurs dans certaines exploitations en particulier chez lez les éleveurs qui les ont utilises pour couvrir les silos de fourrage. A l’achat de pneus neufs les anciens sont repris par le vendeur dans le cadre d’une écotaxe prélevée sur le prix de vente. Les pneus stockes ne sont malheureusement pas concernés par ces procédures.
Les autres déchets : métaux, papiers,…doivent être stockes et/élimines dans les filières prévues à cet effet et souvent accessibles dans les déchetteries locales


Les eaux pluviales

La construction d’un nouveau bâtiment, d’une dalle de béton en extérieur ou la remise en état de bâtiments délaissés a pour conséquence entre autres d’augmenter les quantités d’eau de pluie qui vont être collectées par les toitures et les zones étanches.
En Picardie la pluviométrie annuelle varie de 600 à 1000 litres par mètre carré, ce qui pose de grosses difficultés à certaines périodes de l’année en cas de défauts d’équipements de certaines exploitations.
L’eau n’est pas considérée comme un déchet, cela veut dire que dans son état initial l’eau peut être rejetée dans le milieu naturel sans traitement particulier. Cela concerne en particulier les eaux des toitures. Par contre les zones souillées comme les aires de lavage du matériel ou de lavage du pulvérisateur doivent être traitées ou /et nettoyées avant d’être rejetées dans le milieu naturel.

Les eaux de toiture
Les eaux de toiture peuvent être envoyées directement vers le milieu naturel sans préalable. Ces eaux propres sont aussi celles qui vont être recueillies pour être stockées par certains exploitants.

Les eaux des aires de lavage
S’il agit d’une aire de lavage du matériel agricole, la mis en place d’un système de :
décantation pour la terre est nécessaire,
déshuilage pour récupérer les hydrocarbures est obligatoire.
Les eaux de lavage chargées en produits phytosanitaire doivent être traitées avant d’être rejetées dans le milieu naturel. Au sein des corps de ferme, ces pollution sont les plus à craindre. Leur traitement grâce à un procédé physique ou biologique autorisé par le ministère de l’écologie est possible et recommandé.
En aucun cas ces eaux ne peuvent être rejetées sans traitement.

Moyens de collecte
Que ce soit au moment de la conception du projet de construction ou d’amélioration des bâtiments, le réseau qui va évacuer ces volumes importants d’eau doit être prévu et correctement dimensionné.
La difficulté reste le sens d’écoulement des eaux qui parfois limite les solutions retenues ou les logiques qui voudraient que toutes les eaux soient évacuées vers le pluvial classique (réseau pluvial communal ,fossé,…). Les réseaux busés enterrés sont sans doute à privilégier aux caniveaux de surface souvent vite de encombrés.

Destination des eaux
A chaque fois que cela est possible il faut se raccorder au réseau pluvial existant. Dans le cas d’exploitations délocalisées ou de communes où l’assainissement est inexistant, il reste la solution soit de créer un puisard d’infiltration avec le risque d’avoir des soucis de bouchage ou de débordement, soit de créer une lagune d’infiltration facile à entretenir et surveiller.




Création graphique : tri-angles.com

Avec la contribution financière du compte d'affectation spéciale "développement
agricole et rural" du Ministère de l'Alimentation, de l'Agriculture et de la Pêche